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Se libérer d’une secte

Se libérer d'une secte

Myriam Declair a passé plus de dix ans sous l’emprise d’un groupe sectaire. Elle raconte dans cet ouvrage comment elle a rencontré et rejoint ce mouvement pseudo-religieux d’envergure internationale. Elle y explique les mécanismes d’embrigadement, de sujétion et de manipulation pratiqués par les dirigeants sur leurs adeptes. Elle nous livre parfois des détails intimes sur la vie qui était devenue pour elle un cauchemar, une atteinte à son intégrité physique et morale. Grâce à une prise de conscience, le désir de vivre libre, Myriam a réussi à se soustraire à la pression et aux injonctions de celui qui était devenu son maître spirituel. Une personnalité résiliente ainsi que l’aide de tiers l’ont aidée à se reconstruire et à guérir. Elle nous livre ici les clés pour comprendre et aider les personnes sortantes de sectes. Conseils, mises en garde, et encouragements sont prodigués dans ce livre, qui se veut être à la fois récit personnel, guide pratique et outil de prévention.

Cet E-book contient en outre des informations sur les changements opérés au sein du mouvement depuis 2010. Pour une version antérieure du livre en version papier, veuillez lire ci-dessous.

Pour commander “Se libérer d’une secte : récit, conseils et prévention”

Ce livre n’existe qu’en version électronique, (ePub et PDF) et coûte 9 Euros 99 cts.

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Extrait «De l’Enfer à l’Endroit»

De l’Enfer à l’Endroit

Pourquoi ce livre? Tout d’abord, pour raconter une histoire un peu hors du commun: une période de dix ans passés à l’intérieur d’une secte. Le besoin d’exprimer en paroles un vécu marquant, parfois difficile à saisir pour les autres. Expliquer comment et pourquoi j’ai adhéré à un tel mouvement et comment j’ai réussi à le quitter. Mon souhait est que le lecteur puisse plonger son regard dans le monde mystérieux d’un groupement contemporain qui se dit chrétien; qu’il puisse saisir les mécanismes de manipulation mentale et de coercition psychologique pratiqués par leurs dirigeants, et qui sont aussi parfois à l’origine du comportement de l’adepte, même des années après avoir quitté le groupe auquel il appartenait.

Il s’agit en premier lieu d’une analyse et d’un récit thérapeutique pour moi-même, mais qui j’espère vont aider d’autres à ne pas tomber dans une naïveté et une croyance ingénues par rapport à ce qu’une secte peut leur proposer. «Tout ce qui brille n’est pas d’or!» J’aimerais ensuite donner l’espoir que les murs qui nous retiennent captifs dans un mode de pensée altéré peuvent être détruits et qu’il est possible de recouvrer notre liberté. Liberté de pensée, de choix et d’action.

Contenu

«Les Enfants de Dieu»: un nom qui inspire confiance, qui paraît lumineux, un mouvement qui se dit chrétien. Et pourtant… Adepte de cette secte pendant 10 ans, Myriam Declair témoigne des mécanismes de manipulation mentale et de coercition psychologique exercés en son sein et des difficultés rencontrées pour en sortir. En racontant ce qui lui est arrivé et en proclamant haut et fort qu’il y a une vie après la secte, elle encourage les personnes qui ont dû lutter et qui peinent encore à vivre dans notre société après leur sortie d’un groupement sectaire, tout en aidant les autres à les accueillir.

Pour obtenir la version manuscrite du livre de l’Enfer à l’Endroit, veuillez contacter l’auteure : myriam.declair@gmail.com, ou le commander ici:

«De l’enfer à l’endroit : j’ai passé 10 ans dans une secte» Ourania, 2008. ISBN: 2940335281, 10,00CHF

Stop aux abus dans l’église!

Un peu partout, on dénonce toute sorte d’abus : publicitaires, droits humains, torture des animaux… et nous? Qu’en est-il des abus dans l’église, au sein du corps de Christ? Ce Corps qui, appelée à être une épouse pure et sans tache, devra un jour se présenter devant le Dieu de justice et rendre des comptes pour avoir parfois abusé, humilié et écrasé ses propres membres. Par sa lourdeur institutionnelle et hiérarchique, il lui est parfois facile de passer la balle plus loin, de cacher ses failles et ses péchés derrière une arrogance irréfléchie et un aveuglement volontaire, se dissimulant même derrière le voile du «pardon et de la grâce de Dieu». Les situations dramatiques au cours desquelles des jeunes se font abuser par des personnes en position d’autorité dans l’église, devraient nous convaincre et nous contraindre à agir, pour dénoncer, discipliner, et agir dans un premier temps. Ecouter, guérir et restaurer dans un deuxième.

Il me semble que le mécanisme d’abus dans l’Eglise suit un processus en plusieurs étapes:

  1. Le premier abus: il y a violation de l’intégrité physique ou psychique d’une personne.
  2. La victime reste dans le silence, car elle est choquée, parfois pliée sous le poids de la honte et de la culpabilité; elle essaie de gérer le traumatisme vécu comme elle peut.
  3. La personne lésée, y voyant plus clair et après s’être quelque peu fortifiée, se plaint d’avoir été maltraitée.
  4. L’abuseur ou, pire, les «protecteurs» de l’abuseur, autrement dit ceux qui pourraient agir en confrontant l’abuseur ou en le sanctionnant, n’écoutent pas et ne reconnaissent pas le tort causé. D’où un deuxième abus, celui du silence, qui peut être encore plus pénible à digérer pour la victime, car non seulement il y a non-reconnaissance du premier abus, mais il s’y ajoute un laisser-faire coupable. A tort, l’église choisit le plus souvent de ne pas gérer la situation ou la dénoncer. Abus psychique.
  5. La victime se sent de nouveau écrasée, humiliée et tente de crier sa colère et sa frustration face à cette nouvelle injustice.
  6. Les protecteurs de l’abuseur vont ensuite culpabiliser la victime en lui disant qu’elle est fautive, car elle est «amère et en colère» ; ils vont essayer de l’intimider en lui disant qu’elle devrait «pardonner, oublier et continuer sa vie, car Jésus fait grâce aux pécheurs». Et voilà le troisième abus, spirituel celui-là.
  7. La victime, se sentant méprisée et blâmée, devient plus hystérique et le cercle infernal continue… Elle est maintenant accusée d’être instable et déséquilibrée ou, pire, insoumise aux lois de Dieu et incapable de pardonner…

Comment sortir de ce dilemme? La Bible me paraît claire. Quand un membre de l’église pèche, il faut aller lui parler; s’il n’écoute pas, nous y retournons avec un ou deux témoins et, si rien ne change, nous en parlons à l’église (voir Matthieu 18:15-17)… Oui, mais que faire si l’église ne vous écoute pas? Ou, pire, si elle cache les agissements du coupable pour que le monde extérieur ne voie pas ce qui s’est passé en ses murs? La Bible nous exhorte à confesser et à abandonner nos péchés, le cas échéant à réparer nos torts… sinon Dieu jugera et il commencera par sa Maison. Quand l’église n’applique pas la discipline biblique, difficile et humiliante certes (voir 1 Corinthiens 5 et 6), les histoires sombres finissent par être connues du monde extérieur qui, choqué et déçu par l’attitude de l’église face à ses propres erreurs, va la démolir encore plus et y croire encore moins.

Combien de situations faut-il encore que le corps de Christ traverse dans la souffrance, avant que nous osions confronter les cas d’abus, qu’ils soient spirituels, émotionnels, psychologiques ou sexuels? A quand une justice réparatrice appliquée dans nos assemblées? Que Dieu nous vienne en aide pour vivre d’une manière plus intègre, défendre les opprimés, réparer selon sa justice…parler avec vérité, en vue d’une repentance et d’une réconciliation. Dieu est bon, il pardonne, mais il ne tient pas le coupable pour innocent; il nous discipline par amour. Osons balayer devant notre propre porte…osons enlever la poutre qui est dans notre œil avant de voir la paille dans l’œil du voisin. C’est par la Maison de Dieu que commence le jugement. Notre justice doit être plus pure que celle appliquée dans le monde. Sinon, à quoi bon prétendre que nous somme différents ?

Adapté de l’article paru dans la publication Shaback de Mai 2011 : les Abus dans l’Eglise.

10 Critères pour reconnaître une organisation saine ou assemblée saine:

  1. Elle se définit par des personnes volontaires dont les membres travaillent ensemble pour atteindre leurs idéaux communs ; ils partagent leurs ressources et poursuivent des buts clairement établis.
  2. Chaque personne est libre de critiquer ou d’avoir ses propres opinions, quand bien-même elles seraient différentes de celles des dirigeants du groupe. Les divergences d’opinions sont les bienvenues et sont aussi respectées.
  3. Il n’y a pas de pression psychologique en vue de se conformer et aucune atmosphère d’uniformité forcée.
  4. Les membres se perçoivent comme appartenant à la société au sens large ; elles sont impliquées dans un organisme particulier pour des raisons pratiques et limitées.
  5. Les membres ne passent qu’une partie de leur temps libre dans des activités de groupe et bénéficient par ailleurs d’une vie familiale, sociale et professionnelle indépendamment du groupe.
  6. Les groupes sains sont démocratiques dans la théorie comme dans leurs pratiques.
  7. Les membres sont libres de venir ou de partir comme bon leur semble. Ils participent selon leurs envies, sans ressentir de culpabilité ou de honte lorsqu’ils n’assistent pas aux réunions ou qu’ils refusent certaines tâches.
  8. Les membres mettent la priorité sur leurs besoins personnels et sont capables de différencier leurs besoins de ceux du groupe.
  9. Ils décident eux-mêmes de la nature de leur relation avec le groupe et sont capables de réévaluer leur niveau d’engagement au sein de celui-ci.
  10. Ils sont libres de quitter l’organisation sans pour autant créer une crise personnelle majeure ou un conflit avec ce dernier.

© www.sossobriety.org (traduction Myriam Declair, avec permission – “How to recognize a healthy organisation”)

«Peut-on sortir d’une secte et croire encore ?»

Sortir d’une secte est une chose. Sortir la secte de nous en est une autre ! Ayant passé dix ans dans un mouvement contrôlant et abusif, me délier de son influence et me remettre des séquelles m’a pris du temps ! Il est très difficile de se réveiller un jour et de prendre conscience que l’on s’est trompé dans un domaine important de sa vie et que toutes nos pensées et actions sont basées sur des croyances dictées par autrui et en fait malsaines.

A l’âge de 15 ans, je quitte le domicile familial en quête de réponses à mes questions existentielles. Peu de temps après, je rencontre un mouvement spirituel zélé dont la vision et le dévouement sont contagieux. Ayant cru avoir trouvé ma ” voie ” et l’ ” unique chemin “, je rejoins ce groupement en pensant accomplir la volonté parfaite de Dieu pour moi. Les premières années au sein du mouvement furent heureuses. Mais petit à petit s’infiltrent de nouvelles idées et injonctions qui viennent s’ajouter aux instructions de la Bible, et ne sachant pas déceler de tromperie ou de faux enseignements, je persévère dans les activités et croyances de la ” Famille “, ce mouvement qui m’avait fait tant de bien au début de ma recherche d’un épanouissement spirituel.

Peu à peu les règlements changent ; l’obéissance (souvent aveugle) à notre gourou et maître est exigé : on est constamment surveillé, repris en cas d’insoumission et carrément exclu du groupe si on refuse de suivre le troupeau. Pour ma part, j’ai beaucoup souffert de la nouvelle notion de ” liberté sexuelle ” que mon berger et chef spirituel s’est efforcé de nous inculquer. Les partages entre couples, les nuits passées avec des ” frères célibataires en manque “, les visites de grands hôtels de la ville pour y rencontrer des hommes influents dans le but de les convertir (par le biais du sexe), tout cela n’a fait que démolir mon intégrité et affaiblir ma personnalité. Sans parler des dommages causés à mon identité lorsque ma conscience qui criait au fond de moi dû être refoulée et parfois même totalement ignorée. Les violences physiques de mon mari qui ne supportait pas que sa femme ne suive plus le ” Prophète “, les propositions indécentes et les humiliations devant d’autres adeptes, et en fin de compte, la cassure d’avec le groupe m’ont profondément traumatisés.

Comment conserver sa foi au travers de ces expériences, comment reconstruire sa confiance dans un Dieu que l’on avait bafoué, trahi, imité et déformé à outrance ?

Après avoir rompu définitivement les liens avec ce mouvement, cela m’a pris bien des années avant que je ne puisse réfléchir par moi-même. J’ai dû faire le tri dans mes pensées entre celles qui avaient été inculquées par mon maître spirituel, celles qui m’appartenaient et celles que je lisais dorénavant dans la Bible. Il était difficile de trier le bon grain de l’ivraie. Malgré les expériences ” religieuses ” dans la secte qui m’avaient sérieusement invalidée, je devais retenir ce que j’avais vécu de bon. Car croire que les sectes n’amènent que du mal serait faux. Mais voilà ! Les écritures bibliques ayant été déformées à l’extrême, et ayant fait l’objet de multiples fausses interprétations, je devais redécouvrir la foi. Lire la Bible sans que les flashbacks de la secte me reviennent, la comprendre sans entraves ni court circuits humains, développer une relation avec Dieu toute nouvelle, tout cela représentait pour moi un vrai défi.

J’ai eu la chance dans mon parcours, de rencontrer une personne capable de m’aider à filtrer les idées délétères du dirigeant de la secte et de découvrir les principes simples de la Bible. Pour moi, il était très important de conserver ma foi en Dieu, quand bien même ce n’était pas le même Dieu que j’avais appris dans la secte ! La plupart des personnes ayant fait partie d’un mouvement religieux contraignant et abusif et ayant réussi à s’en extraire, finissent par jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils ne veulent plus, ou ne peuvent souvent plus, entendre des vérités bibliques sans que cela ne leur rappelle les moments douloureux passés dans la secte. En ce qui me concerne, je croyais toujours en Dieu et désirait plus que tout apprendre à Le connaître véritablement. Tout ce qui est original a une copie, une contrefaçon. Si les préceptes appris dans la secte étaient tordus, il fallait bien que je redécouvre ce qui était authentique. Ce travail de longue haleine peut prendre des années. Mais en fin de compte, notre foi peut être purifiée, raffinée, restaurée.

Pour répondre à la question, peut-on s’en sortir et croire encore ? Je dirais oui, absolument. Mais il nous faut reconstruire notre perception de la foi, et analyser les fausses doctrines qui nous ont été inculquées et qui ont marqué, insidieusement parfois, tout notre être. Il nous faut être ouvert à une autre interprétation de ce que l’on a cru et pensé pendant de nombreuses années, il nous faut comprendre que ce sont les hommes qui ont tordu le vrai sens des choses, et que Dieu n’y est pour rien dans cet imbroglio de paraphrases et d’explications erronées du sens originel de Son plan d’amour pour l’être humain.

Myriam Declair, 2008